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15 commandements pour être heureux au travail

Par Matthieu Poirot

Démotivation, lassitude ou même stress… Ces maux sont l’expression d’un sentiment de ras-le-bol éprouvé par de plus en plus de cadres. Derrière ces symptômes se cachent souvent des questions telles que : Suis-je fait pour cet emploi ? Ai-je un rôle utile pour la société ? Des interrogations légitimes, mais qui peuvent, faute de réponse, miner votre quotidien.
Parce que l’épanouissement au travail n’est pas l’apanage de ceux qui ont réussi à vivre de leur passion, découvrez les 15 commandements qui vous permettront de vous épanouir dans votre entreprise.

1 – S’interroger pour avancer

Afin de pouvoir changer d’état d’esprit, il faut avant tout déterminer les raisons de votre insatisfaction. Difficile en effet de trouver une solution à un problème que l’on ne connait pas. Vous devez donc vous demander ce qui ne vous plait pas dans votre fonction actuelle. S’agit-il de la mission, du contexte de travail, de votre rémunération ?
En identifiant les pierres d’achoppement et en les mettant en parallèle avec vos priorités, vous pouvez enfin juger de la gravité de la situation. Une fois ce constat émis, il est plus simple d’envisager les solutions à mettre en œuvre pour y remédier. Cela peut se traduire par une évolution de poste, une prise de nouvelles responsabilités voire si nécessaire votre départ de l’entreprise.

2 – Se trouver une finalité

A quoi suis-je utile ? Cette considération existentielle prend de plus en plus d’importance dans nos réflexions quotidiennes. La finalité de l’emploi prend le pas sur les avantages matériels tels que la rémunération ou la position sociale. Matthieu Poirot, fondateur de Midori Consulting et spécialiste de la psychologie positive confirme : “Il est essentiel de travailler pour ce qui a un sens pour nous, ce qui suscite du plaisir ou ce sur quoi on se sent compétent, sans quoi l’on ne peut pas s’épanouir”.
Vous devez donc vous assurer que votre fonction actuelle est en adéquation avec vos valeurs. Si ce n’est pas le cas peut être pouvez-vous faire en sorte qu’elle le soit. C’est ce qu’a fait Marie, écologiste convaincue et cadre dans une enseigne de réparation automobile où elle a initié une politique de développement durable. Si au contraire rien n’est possible, mieux vaut peut-être partir.

3 – Asseoir son expertise

Enseigner un domaine de compétence est une source réelle d’épanouissement pour nombre de cadres. Ils se positionnent ainsi comme des experts dans leur domaine et apprécient pouvoir partager leurs connaissances. Cette démarche très valorisante se révèle aussi enrichissante : elle permet d’acquérir un autre regard sur ce que l’on fait, celui de l’élève. A l’épreuve des questions, l’enseignant peut réaliser qu’il maîtrise plus ou moins bien certains concepts.
Les entreprises ne mettent que peu souvent à profit l’expérience acquise par leurs seniors. Ceux-ci se révèlent pourtant de très bons formateurs. Si vous commencez à éprouver de la lassitude sur un poste que vous occupez depuis longtemps, pensez à ce challenge stimulant qui vous redonnera goût à votre métier.

4 – Rechercher les moments épanouissants

Notre mission nous conduit rarement à effectuer uniquement des tâches qui nous passionnent. Si les travaux fastidieux restent incontournables, vous avez cependant la liberté de vous organiser afin de dégager du temps libre. Vous pourrez alors vous investir dans des missions plus intéressantes où vous serez plus impliqué et productif.
“Une personne qui a 60 % d’émotions positives et 40 % d’émotions négatives au cours d’une période est considérée comme heureuse”, rappelle Matthieu Poirot. Vous devez donc organiser votre agenda afin d’équilibrer les moments épanouissants et les moments qui le sont moins. “Si c’est la relation client qui vous intéresse plus que tout, je vais m’assurer de planifier un ou deux rendez-vous par mois”, illustre Matthieu Poirot.

5 – Apprendre pour évoluer

Vous pouvez aussi envisager la formation comme un bon moyen d’enrichir votre job. Si vous sentez que vous végétez dans votre fonction, acquérir de nouvelles compétences vous permettra à terme d’évoluer vers un nouveau poste. Benoit, DRH dans une entreprise agro-alimentaire, pensait avoir fait le tour de sa fonction lorsqu’on lui a proposé de s’occuper du volet fiscalité de l’entreprise. Il a dû prendre des cours du soir pour réussir mais se trouve aujourd’hui très épanoui dans cette nouvelle fonction qui représente un challenge quotidien.
Au bout de quelques années passées sur un poste, vous en aurez inévitablement fait le tour. A vous de donner un nouveau souffle à votre quotidien en développant de nouvelles expertises.

6 – Nouer des relations agréables

La vie en entreprise vous amène souvent à faire des rencontres au coin de la machine à café, au détour d’une réunion ou à la sortie du bureau. Nouer des relations agréables avec ses collègues permet de créer une ambiance de travail plus motivante. Vous avez donc tout intérêt à multiplier les rencontres si vous voulez vous sentir bien dans l’entreprise. “L’écoute et l’estime de nos collègues contribuent à la qualité de notre environnement social, confirme Matthieu Poirot. Ces moments de convivialité et de partage permettent de créer des émotions positives.”
Attention toutefois : ce rapport aux autres implique de s’ouvrir à eux. En clair, il vous faut être avenant mais rester authentique. C’est à ce prix que vous rencontrerez peut-être ce mentor qui vous portera une réelle estime et vous servira de modèle.

7 – Accepter que tout ne soit pas rose

Etre heureux dans son travail, c’est aussi accepter que tout ne soit pas idyllique. Il vous faut faire des choix et être réaliste. Demandez-vous ce qui, parmi le salaire, l’intérêt du poste, les conditions de travail, l’ambiance entre les collègues, est le plus important pour vous. Une fois cet arbitrage effectué, vous réaliserez peut-être que vous n’êtes finalement pas si mal loti. S’il s’avère que votre situation ne répond pas à vos attentes alors mieux vaut changer de situation professionnelle.
Il vous faut aussi accepter que ce ne soit pas au bureau que vous êtes le plus épanoui. Matthieu Poirot rappelle que nos émotions positives viennent essentiellement en dehors du contexte professionnel. Alors plutôt que de maugréer sur la dureté de votre tâche, focalisez-vous sur les échéances qui vous attendent le soir ou le week-end.

8 – S’impliquer au quotidien

Il faut donner pour recevoir en retour. Cet axiome s’applique aussi à la vie en entreprise. Si vous désirez vous y épanouir, encore faut-il que vous vous en donniez les moyens. Les entreprises ont bien pris conscience de la nécessité d’offrir un cadre de travail motivant à leurs salariés et proposent de plus en plus d’activités extra-professionnelles par le biais, par exemple, de leur CE.
Pourtant, encore trop de collaborateurs réduisent leur contribution à l’entreprise au cadre strict de leur fonction et ne préfèrent pas consacrer de temps à ces activités. Depuis les séminaires de team building aux ateliers de développement personnel, vous avez tout intérêt à participer à ces activités qui vous permettront d’en apprendre plus sur vous-même et les autres.

9 – Se faire respecter

Peur de décevoir, crainte de l’autorité ou volonté d’éviter les conflits, vous avez tendance à ne jamais dire non à vos collègues ou vos clients. Du coup, vous croulez sous le travail et vous êtes amené à réaliser des tâches qui ne vous plaisent pas vraiment.
“Plus on veut faire plaisir, plus on se fait du tort”, résume Matthieu Poirot qui prévient du “danger de conditionner sa reconnaissance au regard des autres”. Vous devez donc prendre sur vous-même et accepter de dire non aux autres. Si votre refus est justifié et argumenté, personnes ne vous en tiendra rigueur !

10 – Chercher la nouveauté

Quand aller au travail devient pesant, la lassitude vous guette. Si vous avez le sentiment de ne plus avancer, de toujours répéter les même tâches, il est peut être temps de passer à de nouveaux défis. Cela ne signifie pas nécessairement devoir quitter votre entreprise. Vous pouvez très bien aller voir votre n+1 ou le responsable des ressources humaines pour lui faire part de vos désirs d’évolution.
Dans une moindre mesure de simples petits gestes tels que changer de mode de transport ou adopter de nouvelles habitudes de travail permettent de casser la routine. Soyez aussi proactif en essayant de prendre en main des nouveaux dossiers et relever ainsi des défis. “La variété des tâches permet de garder son attention soutenue et de faire travailler en permanence son intellect”, confirme Matthieu Poirot. Vous savez-donc ce qu’il vous reste à faire.

11 – Relativiser la pression

Bien canalisé, le stress constitue véritable moteur et permet de relever les défis les plus difficiles. Mal géré, il peut constituer un véritable frein et annihiler toute votre efficacité. Dans ce cas, attachez-vous à identifier la source de votre malaise. Elle peut être multiple, depuis un problème relationnel au manque de ressources pour réaliser une mission… Dissociez ensuite ce que vous êtes en mesure de changer et ce qui n’est absolument pas de votre ressort. Gardez du temps pour vous, pour faire ce que vous aimez. Il faut vous concentrer sur ce qui vous fait du bien, ce qui a du sens pour vous.
Et si malgré tout vous vous sentez dépassé, n’hésitez pas à demander de l’aide. Matthieu Poirot dénonce ce qu’il appelle le “syndrome Goldorak”, cette inclination à vouloir faire croire que l’on est invincible. Une honte de l’échec qui nous empêche de dépasser nos problèmes.

12 – Ne pas oublier la famille et les amis

Même si le travail permet de se réaliser, il reste essentiel de concilier sa vie professionnelle réussie avec une vie privée épanouissante. N’oubliez pas que le travail est un moyen et non pas une fin en soi. En atteignant cet équilibre, vous permettez à ces deux univers de s’enrichir mutuellement. Votre épanouissement personnel contribue à votre efficacité professionnelle et inversement.
Essayez donc de vous organiser de manière à quitter votre travail plus tôt que d’habitude une ou deux fois par semaine et de profiter de véritables soirées. Cela vous permettra d’évacuer le stress quotidien et de vous octroyer des véritables moments de respiration. Et n’hésitez pas à prendre un week-end de 3 jours à la fin d’une période particulièrement éprouvante. Ce n’est que juste récompense.

13 – Faire la part des choses

Nous avons tous des sources d’irritations, la seule chose qui nous différencie les uns des autres est notre façon de percevoir les choses… Il faut que vous relativisiez les conflits qui peuvent émailler votre vie quotidienne. Il est normal que la pression qui règne sur chacun génère quelques tensions, d’autant plus que vous ne pouvez évidemment pas vous entendre avec tous vos collègues.
Plutôt que de vous arcbouter sur vos positions au risque de vous enfermer dans un débat éprouvant et stérile, demandez-vous plutôt quels sont les enjeux pour vous. Vous adaptez ainsi votre réaction au niveau réel des nuisances auxquelles vous êtes exposé. Et évitez de vous perdre les nerfs pour des broutilles.

14 – Garder un esprit sain dans un corps sain

“Il est essentiel d’avoir une bonne hygiène de vie pour être épanoui pleinement”, rappelle Matthieu Poirot. “Il est conseillé de faire du sport durant les périodes les plus compliquées pour oxygéner le cerveau”, illutre-t-il.
De même, des horaires réguliers de sommeil et une nutrition équilibrée contribuent à votre bien-être. Vous devez donc faire attention à ce que vous mangez le midi. Evitez si possible les déjeuners sur le pouce et prenez le temps d’apprécier pleinement ces moments de détente. N’abusez pas non plus des béquilles telles que le café qui, à forte dose, s’avère nuisible pour l’organisme.

15 – Envisager toute les possibilités

Parfois, votre situation est telle que vous n’avez pas d’autre choix que de quitter votre entreprise si vous désirez être réellement heureux au travail. Votre relation compliquée avec votre n+1, vos attributions pas intéressantes ou votre rémunération trop faible sont autant de motifs d’insatisfactions que vous ne pourrez pas toujours changer.
Le jour où vous vous rendez compte que cela devient intenable, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : partir. Cela impliquera peut-être une période de chômage mais vous évitera le burn out. Et puis ne vous inquiétez pas, les recruteurs comprennent toujours les démissions des entreprises précédentes du moment qu’elles étaient motivées par des raisons valables