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La lettre n°3 : Intégrer bien-être et efficacité

Matthieu Poirot, janvier 2014

Intégrer bien-être et efficacité

Plus une personne prend de responsabilités au travail, plus elle devra développer sa productivité, car le nombre et la complexité des dossiers ne cesseront d’augmenter. Dans ce type de situation, un dirigeant ou un expert doivent paradoxalement apprendre à obtenir plus tout en conservant une bonne qualité de vie au travail.

En effet si la productivité se fait au détriment de son bien-être, 3 conséquences sont possibles :

  1. La prise de décision est de moins bonne qualité car le stress engendre une rigidité cognitive dans la résolution de problème, tout en favorisant les routines, c’est à dire les solutions habituellement utilisées. Par ailleurs, les personnes placées sous stress ont tendance à prendre plus de risques dans leurs décisions même si le niveau d’information est insuffisant.

  2. Il existe un risque accru de détériorer la régulation des comportements sociaux. Lorsque une personne est en permanence sous pression, les cerveaux intellectuels (lobe préfrontal) et émotionnels (système limbique) qui travaillent habituellement ensembles pour réguler les comportements, sont débordés et pilotés par le cerveau primaire (le système reptilien) qui engendre des réactions automatiques de survie (s’enfuir ou combattre). Il résulte une augmentation importante de l’agressivité ou de l’évitement.

  3. La surcharge entraine la surcharge car la personne devient dépendante au surtravail, notamment par l’adrénaline que cela procure. Le travail devient littéralement une drogue qui empêche la personne de déléguer et de prioriser dans ses tâches. Les autres vont subir ce comportement, ce qui entrainera des erreurs justifiant en retour, le manque de délégation. L’adrénaline est compensée par la libération de cortisol. Mais lorsque ce système hormonal est trop souvent sollicité, les études indiquent une baisse du système immunitaire, un risque plus élevé de dépression, de troubles du dos (sciatique, lombalgie, trigger points) et de l’estomac.

Alors comment faire pour éviter de tomber dans ce
piège ?

Voici quelques conseils issus des habitudes observées chez mes clients, dirigeants et experts, qui m’ont surpris par leur productivité hors normes :

  • Leur système de messagerie est simple. Ils ne l’utilisent pas comme système de gestion de projet mais recherchent l’information par mots clefs.

  • Ils ne répondent jamais au téléphone sauf en cas d’urgence. Ils font laisser un message, ce qui leur permet d’évaluer l’importance de rappeler la personne.

  • Ils ne culpabilisent pas de dire non, y compris à une demande d’aide, si ils ne perçoivent pas un intérêt particulier. Ils ne se justifient pas.

  • Ils ont prévu des temps de récupération (TPR) dans leur agenda, de manière automatique. Plus la personne est puissante ou influente, plus les autres s’adaptent à son mode d’organisation.

  • Ils prennent des vacances régulièrement mais sur des courtes périodes (ex: 1 semaine tous les 2 mois).

  • Ils ne font pas de séparation entre vie pro et vie personnelle mais une intégration.
  • Ils ne regardent leur email que 2 à 3 fois dans le journée. Aucun système ne leur rappelle qu’ils ont des emails à lire.

  • Ils lisent autant de livres techniques/pro que de livres récréatifs, des romans.

  • Ils ne font pas de to do list mais ont 3 à 4 priorités par jours, qui sont inscrites dans l’agenda.

  • Ils prennent soin d’eux et ont des comportements de santé.

  • Ils ne confondent pas travail bien fait avec perfectionnisme.

  • Ils marchent beaucoup tout au long de la journée et détestent la sédentarité; font du sport ou du yoga.

Si quelques unes de ces suggestions vous conviennent et qu’elles ne sont pas encore ancrées dans vos habitudes, n’hésitez pas à les tester sur 4 semaines, de manière progressive mais régulière. Je vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année 2014.